Une France qui va à deux vitesses, d’un côté : les fonctionnaires subissent régulièrement le mépris et les invectives du « bloc néolibéral » et de l’autre, les fonctionnaires du Ministère de l’Intérieur sont choyées à travers chaque revendication qui se retrouve légiférer.
La présomption de légitime défense se retrouve être une revendication assez ancienne de l’extrême-droite la plus radicale. Les corporations fascistes ne souhaitent que d’une chose en terminer avec le peu qu’il reste de l’État de droit largement abîmé par une décennie de macronisme et avant le hollandisme comme le sarkozysme.
Dans une manifestation, les différents syndicats avaient conspué la Justice affirmant qu’elle était devenue un problème et qu’il fallait que les policiers puissent avoir un droit de regard sur les décisions de ces dernières. Gérald Darmanin était présent à cette manifestation qui se retrouve être aujourd’hui Garde des Sceaux. Cela pose un énorme problème dans le cadre de la « séparation des pouvoirs » puisque nous avons un ministre foncièrement opposé à la Justice qui préfère les arguments du charcutier du coin que les études scientifiques.
Le « permis de tuer » permet d’inverser la charge de la preuve : ce n’est pas au tireur de justifier son tir et ce qui en résulte, c’est à la personne visée (quand elle peut le faire) et à sa famille. Cela soulève une problématique importante, car le « droit à la vie » n’est plus au cœur de l’ensemble, mais bien dans un espace subalterne. Dans les vidéos de Sainte-Soline, la violence s’est notamment exprimé par les représentants de l’État et des intérêts industriels de la FNSEA qui jubilaient de pouvoir tuer. Il n’y a eu aucun mort, mais nous n’y sommes pas passés loin. La justice n’a sanctionné peu ou pas ses propos tout comme le comportement offensif en dehors des règles.
Des compagnies ultraviolentes comme les voltigeurs de la BRAV-M pourront tirer de façon offensive contre les personnes jugées par les corporations policière comme indésirable et matraquer à mort comme Malik Oussekine en 1986, ce sera légal. Le droit à la vie n’existe plus et l’égalité devant la loi non plus, c’est bien une sortie de l’esprit de 1789 pour aller vers l’esprit de 1940.
On l’a d’ailleurs bien vu avec une autre proposition de loi sur « l’Aide À Mourir » (AAM). Quand le pouvoir crée des conditions de vie indigne et crée un schisme juridique alors, on peut se demander si finalement l’objectif n’est pas de revenir à la Police Nationale à ses origines. En effet, Aurore Bergé, Gabriel Attal ou encore Emmanuel Macron reprennent souvent la phraséologie de Charles Maurras tout comme le concept de « l’état légal » en brutalisant le droit.
Les morts par des tirs de la police sont les plus élevés d’Europe et cette augmentation ne va pas simplement augmenter, mais elle sera exponentielle. La dignité humaine est considérée comme inexistante. C’est bien le problème qui se retrouve au cœur des fantasmes réactionnaire. La peine de mort a été aboli en 1981, mais elle pourrait revenir à travers des exécutions extrajudiciaires.
